Je n’ai lu qu’un seul livre d’Andreï Makine, La femme qui attendait.

Il est de ces livres dont tous les coins de pages sont pliés par la lectrice frénétique qui se promet bien qu’un jour, elle notera ces merveilleuses citations dans un cahier.

Un jour, c’est juré, elle se confectionnera une boîte de chocolats à ouvrir les jours maussades, où seront inscrits tous les paysages, portraits et pensées qui lui mettent du sucre à l’âme.  

Il y eut aussi cet aulne, le dernier à garder intacte son immense coiffe de feuillage cuivré. Il surplombait la berge à l’endroit où Véra accostait d’habitude. En naviguant, nous la voyions de loin, cette pyramide de lingots et nous y veillons comme au dernier îlot d’été résistant à la nudité de l’automne. (…)

Descendant sur la berge, nous vîmes que toute cette splendeur cuivrée des feuilles avait reproduit sur l’eau la marqueterie qui s’était défaite dans le ciel. L’eau noire, lisse et cette incrustation rouge et or.

Andreï Makine sera au Salon du livre de Québec, la semaine prochaine. Un rendez-vous à ne pas manquer, vraiment.

Makine, Andreï. La femme qui attendait, Éditions du Seuil.