Je ne suis pas encore tout à fait prête à vous parler de Sándor Márai. Il faut que je rassemble mes mots, quelques-uns m’échappent encore. Je dois étoffer ma pensée, secouer les draps où j’ai traîné en sa compagnie de si longues heures, luttant contre le sommeil, parfois jusqu’à l’appel du muezzin annonçant l’aube. Mais ce soir, je pense à l’amitié. Et je ne peux m’empêcher de songer à ce duel magnifique entre deux personnages du grand maître hongrois.

Sándor Márai s’est retrouvé sur ma table de chevet par hasard, après une balade sur les quais du Vieux-Port de Montréal. Je fouinais dans les bacs de bois remplis de vieux livres qui s’alignaient le long du fleuve et mes doigts se sont arrêtés sur la tranche du roman Les Braises. Un huis clos entre deux amis d’enfance, des vieillards se retrouvant après toute une vie d’éloignement, à la suite d’une grave querelle: ils ont aimé la même femme. Une réflexion magistrale sur l’amitié. Un combat à mort. À lire, à lire!

Márai, Sándor. Les Braises, Éditions Albin Michel