Est bonne…

27 05 2008

La culture, c’est comme la confiture, moins on en a, plus on l’étend… ;-)



Coquinette!

27 05 2008

Coquinette a gagné le blogue d’or pour le meilleur second rôle!!!! Félicitations, ma belle!!! ;-) Allez faire un tour chez Pécadilles pour la connaître, elle est trop mignonne!

 Vous pouvez visionner le chapitre 3 du Gala Blogu’Or 2008 sur http://www.exivrogne.addr.com/



La caravane s’en va…

26 05 2008

OH NOOOOOOON!!!!!!

Moi qui suit tombée en amour tellement de fois au-dessus des bacs des bouquinistes!!! C’est pas vrai!!!! La caravane s’en va??? QUEL DOMMAGE!!!  

J’ai fait des rencontres lumineuses, fulgurantes, sur les quais du Vieux Port. Avec Coetzee, avec Camus, avec Sandor Marai, entre autres (OK, vous allez me trouver fatigante avec mon Sandor Marai, mais je n’en démords pas, c’est LE grand écrivain méconnu du 20e siècle qu’il FAUT lire absolument!!!) 

Et qu’est-ce que c’est que cette niaiserie au sujet des auteurs privés de leurs droits à cause des bouquinistes??? Qui croit vraiment qu’une poignée de passionnés des livres fera une grande différence dans notre chèque de paie???  

C’est le marketing qui mène le monde, les grandes affiches publicitaires, les “coups de coeur” (remarquez les guillemets…) collés sur la couverture des romans empilés sur les présentoirs croulants de best-sellers annoncés… c’est ça qui fait vraiment la différence, qui fait bouger les masses, ouvrir les bourses, certainement pas une foire aux livres usagés “pour l’amour de l’art”.  

Mais pour les amoureux de l’art, justement, quelle perte! Chez les bouquinistes, il y avait cette douce fièvre de la découverte. C’était l’occasion de retrouver tous les livres tombés des présentoirs des librairies commerciales, relégués trop vite aux rayons que personne ne regarde. Toutes ces belles rencontres, tous ces classiques à revisiter! 

La caravane s’en va… quelle tristesse!



Jia Zhangke

25 05 2008

Dans une récente entrevue accordée à TV33 dans le cadre du Festival de Cannes, le cinéaste chinois Jia Zhangke explique que son pays est en train de vivre de profonds bouleversements, à cause de l’ouverture des marchés et du mouvement de mondialisation, mais que, malgré cette ouverture, bien peu de véritables échanges culturels ont eu lieu.

Son film se veut un pont, une fenêtre sur la Chine, ses habitants, leur cosmogonie, leur vision du monde. J’ai très hâte de me laisser guider à travers les rues de Chengdu par ce brillant réalisateur qui, depuis ses touts débuts, a opté pour des productions privées, refusant de voir ses films soumis à la censure de la sphère publique.

Synopsis:

Le film du Chinois Jia Zhangke avec Joan Chen, Lu Liping, Zhao Tao, a pour décor la ville industrielle de Chengdu. L’usine 420 et sa cité ouvrière modèle disparaissent pour laisser place à un complexe d’appartements de luxe baptisé “24 City”. Trois générations, huit personnages, se croisent entre nostalgie du socialisme passé pour les anciens et désir de réussite pour les jeunes. (Le Monde.fr)
 

Pour en savoir plus sur le septième art en Chine:

www.chinacinema.fr



Les pélicans

23 05 2008

Les yeux captent des couleurs, la bouche goûte des nourritures, la peau touche des surfaces. Mes sens captent des réalités que je mâche et régurgite comme les pélicans qui nourrissent leurs petits. Une sorte de journalisme, l’écriture. Aller à la rencontre de l’autre, et revenir à la maison pour l’expliquer.

Le mieux, ce serait carrément devenir l’autre. Il n’y aurait plus besoin “d’intégration”, qu’un grand embrassement. Plus d’équivoque possible. Plus de distance.

Le pélican deviendrait poisson.

Suffit-il de le vouloir, de fermer les yeux et de faire claquer ses talons ensemble trois fois? Suffit-il de se proclamer écrivain japonais? Suffit-il de se dire Chinois?



Chinoiseries

23 05 2008

Parlant de Japon…Il faudrait sans doute que je sois “une écrivaine chinoise” pour empêcher certains de crier au racisme avec ce billet, même si j’ose espérer que je ne m’y commets pas trop habituellement (ce terrible mot est d’ailleurs employé à toutes les sauces de nos jours, trop souvent par des individus qui se cachent derrière le vocable pour éviter d’avoir à se regarder le nombril - je déteste ce genre de victimisme manipulateur), mais je me risque quand même à aborder le sujet.

Hier soir, pour célébrer ma victoire sur César et son index de 735 noms de fleurs en latin, Monsieur G. et moi avons décidé de nous gâter un peu et d’aller déguster des sushi au nouveau resto japonais du coin.Vous savez, le genre de resto avec un buffet tapis roulant et des tabourets alentour, un genre de fast-food nippon, si vous me passez l’oxymore. Décors sobre, avec des appliques de bambou sur les murs, petite musique douce et une foule de Barcelonais branchés (car ledit restaurant est sis sur la fameuse rue Torrent de l’Olla, dans le quartier de Gracia, alter ego du Plateau montréalais). Le personnel attentionné et affable.

Un groupe d’asiatiques entre en même temps que nous. Ils ont l’air de connaître la place, puisque les serveurs s’empressent de les saluer avec effusion: “Ni-hao, ni-hao”.

Ni-hao? Hum… ça aurait dû nous mettre la puce à l’oreille. En effet, de japonais, l’endroit n’avait que l’air. Je n’ai rien contre les Chinois qui ouvrent un restaurant japonais, mais la bouffe, malheureusement, tenait davantage du poulet du général Tao que du délicat sashimi.  J’ai été quitte pour un mal de ventre made in China…

C’est que les restaurants japonais ont poussé comme des champignons, ici. C’est la dernière mode et ça marche très bien, toujours très fréquentés. Combien sont tenus par des Japonais? Je l’ignore et je m’en fous, tant que la nourriture soit de bonne qualité et respecte au minimum les traditions nippones. Ce qui m’énerve, c’est la “fast-foodarisation”.

À Barcelone, il n’y a pas de dépanneurs. Il y a “le Chinois” (ou “le Paki”, selon le quartier). Pas de Dollarama non plus, il y a “le Chinois”.

- Chéri, il n’y a plus de tomates, pourquoi tu ne vas pas en chercher au Chinois?

- Cariño, la boulangerie est fermée, mais va au Chinois, je suis sûre qu’il y a encore du pain.

- T’as besoin de nouvelles chaussures? Vas au Chinois, c’est moins cher.

Toujours ouvert, à bas prix. Et puis, si vous allez à l’épicerie chinoise, vous trouverez des produits de toute l’Asie, du Japon à la Thaïlande (notez qu’il n’y a pas d’épicerie japonaise ou thaïlandaise, enfin, pas à ce que je sache). C’est donc une chance qu’ils se soient installés par ici, ils offrent des services très utiles, nous donnent accès à d’autres cultures et en plus, ils forment un collectif discret et respectueux. Le rêve pour toute société un peu suspicieuse et craintive de “l’étranger”, quoi!

Le rêve? Pas si vite. L’installation des Chinois en Occident pose quelques défis. Les boutiques et petits commerces se plaignent de la course aux bas prix que la présence des marchands chinois engendre. Les consommateurs se plaignent de la baisse de la qualité (la fameuse “fast-foodarisation”) et les citoyens se plaignent de l’hermétisme de cette communauté culturelle.

Personnellement, c’est ce qui me trouble le plus. Il paraît extrêmement difficile de tisser des liens de confiance mutuelle avec ce peuple qui semble si différent et si peu enclin à entrer en contact avec d’autres peuples, si ce n’est dans un but commercial.

J’ai une copine dont le conjoint est Canadien d’origine chinoise. Elle m’a un jour confié qu’elle n’avait jamais senti qu’elle faisait partie de la famille, qu’il y avait toujours cette froide distance entre ses beaux-parents et elle, même après des années! J’ai une autre amie qui a vécu à Hong-Kong pendant trois ans. Je suis d’ailleurs allée la visiter sur place, au printemps 2005. Bon, vous me direz “Hong-Kong, ce n’est pas la Chine.” OK, j’en conviens, mais c’est quand même pas trop loin et ma copine, elle, a voyagé dans toute la Chine.

La pauvre, elle a fait la gaffe d’être noire. Une Canadienne d’origine haïtienne en Chine. Eh bien, les gens s’ôtaient de son chemin, se retournaient sans cesse sur son passage et certains protégeaient même leur bouche de leur main en la voyant. Il y avait des mères qui attiraient fermement leurs rejetons à leur poitrine à son entrée dans le métro. Elle me disait d’ailleurs en rigolant que c’était pratique, puisqu’elle avait toujours deux ou trois bancs pour elle seule… Et puis soudain, lors d’un barbecue en plein-air dans un parc de la ville, un groupe de jeunes nous a spontanément offert des brochettes, des petits morceaux de tofu à saveur de crevette et autres nourritures inconnues… Douce rencontre.

Les Chinois seraient tous racistes? Non. Les Chinois seraient tous copieurs, cheap, froids? Non plus. Mais force est de constater que bien souvent, ils nous laissent cette impression, surtout quand on ne les connaît pas et qu’ils se laissent difficilement connaître.

Les renvoyer chez eux? Quelle stupidité! Il n’y a pas de chez moi, de chez eux, la terre est ronde, pardi! Mais il va sans dire qu’un grand défi d’intégration nous attend, de notre côté comme du leur.



Dany Laferrière, pèlerin

23 05 2008

Voilà, c’est fait. J’ai refermé le dernier roman (ou plutôt “non-roman”) de Dany Laferrière.

J’ai aimé lui emboîter le pas dans ses promenades contemplatives, dans son pèlerinage fictif au Japon avec Basho, et suivre le cours sinueux de sa pensée.

Quelques réflexions sont délicieuses:

“On ne cache pas un secret dans son cœur, mais dans son cul”
(Il faut lire le chapitre sur le secret, où cette phrase-choc de réclame publicitaire prend tout son sens!)

“On ne rencontre pas une fille, j’ai remarqué, on rencontre une culture (…) Dès qu’on a connu une seule italienne, on ne mangera que des spaghetti toute sa vie. C’est ce qui rend les gens suspicieux dans les rapports interraciaux, se demandant si c’est eux ou leur culture qui intéresse l’autre.” 

Et ma préférée (eh oui! Je suis moi-même une grande paresseuse qui essaie de se soigner de la culpabilité poisseuse qui l’accompagne) :

“J’aimais bien l’idée de la paresse. Un écrivain paresseux, ça m’intéressait diablement. Peu de descriptions, mais beaucoup de dialogues. Diderot m’influence toujours.”

Il s’agit, comme plusieurs journalistes l’ont déjà dit, d’une réflexion sur les frontières de l’identité, sur le rapport à l’autre, sur la littérature, sur la limite ténue séparant la fiction de la réalité, le vrai du toc… Et même si, comme roman japonais, c’est du toc, l’auteur a su disséminer ça et là de véritables délicatesses nippones comme si, dans une barboteuse du Parc Lafontaine, il avait lancé des poissons d’or, des carpes moustachues tout ce qu’il y a de plus japonaises. Deux exemples:

“Je voudrais acheter du temps japonais avec des mimosas ruisselants de pluie.”

“On a deux vies au moins. Une qui s’installe dans notre mémoire comme une pierre au fond de l’eau, et l’autre qui disparaît au fur et à mesure qu’elle se déroule (…) “

Un roman contemplatif, donc, à l’image du pèlerinage du poète Basho, mais qui m’a parfois plongée dans un état de fébrilité agaçante. J’aurais voulu que l’auteur caresse plus longtemps certaines idées, qu’il approfondisse sa réflexion sur certains sujets, au lieu de simplement suggérer. Mais peut-on vraiment le lui reprocher? Après tout, le Japon incarne pour nous, Occidentaux, un monde de discrétion, de non-dits, de silences et de “paupières mi-closes”.

J’ai également été très frustrée de me perdre dans tous ces noms japonais que je confondais sans cesse, ce qui me rappelait honteusement que pour nombre de blancs, les noirs ou les asiatiques sont tous semblables.

Semblables? Oui, le fantasme du Japon immuable semble se dessiner derrière ces noms qui grouillent et s’entrechoquent et auxquels répondent les cris des étudiants de Tokyo, qui clament la nécessaire liberté de l’écrivain. Un Japon immuable, certes (et quand on dit Japon, on pourrait aussi bien dire Canada, Espagne ou Ukraine), mais dont le masque se craquelle sous la pression de tous les visages qui l’habitent.

Je suis un écrivain japonais, Dany Laferrière, Éditions Boréal. 



Tomber en disgrâce, ou le Spam spirituel

22 05 2008

Quand on ose approcher un grand écrivain, une vedette de cinéma ou un musicien, c’est quasiment comme une date : on a chaud, on a froid, on transpire horriblement des paumes alors qu’on souhaiterait qu’elles soient douces et sèches pour serrer fermement la main tendue de la star souriante!

Comment ne pas tomber en disgrâce devant la personne avec laquelle on souhaiterait partager des moments d’intensité intellectuelle jubilatoire? Comment éveiller en elle une pointe de curiosité, une envie d’échanger avec un parfait inconnu? Il faut avoir quelque chose à donner, nourrir, poser des questions en colimaçon. Pas évident…

Moi, j’aurais plutôt une tendance naturelle à me sentir nouille, à bafouiller quelques niaiseries de groupie, ce qui aurait pour effet de me faire tomber irrémédiablement dans le “spam” spirituel de l’autre… j’ai donc souvent privilégié l’écriture, même si je suis capable de socialiser tout à fait convenablement avec mes semblables, si je m’y efforce.

Ce qui a de merveilleux (et de parfois terrible) avec Internet, c’est que ça nous a permis de rétablir la correspondance, de faire naître une sorte de “néo-épistolarité”. Plus que d’aller prendre une bière avec Pérec, souhait exprimé par Nicolas Dickner dans son dernier billet sur www.voir.com, moi je rêve d’un échange de longs courriels avec Kafka, Camus, Sandor Marai ou Juan Marsé.

Réminiscences de mon adolescence, sans doute, nostalgie de lettres enflammées, “philosophiques” à souhait, calquées sur celles de Madame de Sévigné ou de Marguerite Yourcenar, écrites sur du papier à lettre Snoopy, et qui scellaient nos amitiés éternelles.