Critique

3 05 2008

Ma première critique! Je suis toute énervée!! OK,OK, je vous laisse avec le journaliste…

Roman Québécois – Maman est au fond du lac      

Christian Desmeules

Édition du samedi 03 et du dimanche 04 mai 2008

Mots clés : Laurence Prud’homme, Culture, Québec (province)

 «La mère était morte des centaines de fois.» La Danse de la Méduse, second roman de Laurence Prud’homme, trente ans, s’ouvre sur un paysage mort, un bord de lac en hiver, et sur un fantasme épuisé qui prend finalement forme. Une femme a disparu et il ne reste d’elle qu’un petit chalet au bord d’un lac de la Mauricie où ses trois enfants, deux filles, Lucie et Judith, et un garçon, Simon, mort il y a quelques années, ont passé presque tous leurs étés.

Un chalet et des tas de souvenirs mêlés de colère, de larmes, de regrets, de tendresse. Et c’est à travers le regard de Simon, qui est en quelque sorte le fantôme tranquille du chalet, que cette réalité nous apparaît. Un procédé qui se découvre peu à peu au lecteur, sans forcer, et qui permet une narration à la fois visuelle et retirée.

Dans la mythologie grecque, rappelons-le, des trois Gorgones, la Méduse est la seule à être mortelle. Séduite — ou violée — par Poséidon, elle est punie et transformée en créature fantastique par la déesse Athéna. Mélange de beauté et de monstruosité, ses cheveux deviennent des serpents et son regard pétrifie tous ceux qui le croisent.

Et la Méduse, dans le second roman de Laurence Prud’homme, on l’aura compris, c’est la mère, «Mom», un personnage excessif qui a un peu empoisonné, malgré ses qualités bien réelles, la vie de ses trois enfants.

Une mère excessive

«L’étrange Marie. Fantasque Marie. Excessive, trop excessive. La Méduse, dans la housse noire, c’est elle.» Une mère instable au profil «artiste», au passé vaguement hippie, à qui il arrivait fréquemment de disparaître dans la nature ou avec des amants de passage, parfois pour de longues semaines, laissant ses trois enfants aux bons soins de l’une ou l’autre de ses soeurs. Une femme aux prises avec des problèmes de santé mentale.

Elle avait quitté définitivement Montréal quelques années plus tôt et s’était installée là-bas en permanence. Et c’est Lucie, 22 ans, la «petite», la plus jeune des trois enfants, qui revient d’Espagne où elle habite pour procéder en plein hiver à l’inventaire du chalet.

On la surprend le nez enfoui dans une robe de chambre de sa mère: «Elle pleure la poitrine chaude et réconfortante de notre mère. Elle pleure ses caresses et ses encouragements. Elle pleure son égoïsme et sa profonde détresse de vivre. Sa folie. Ses humeurs changeantes. Son grand rire. Elle pleure pour moi, son frère disparu trop jeune. Elle pleure pour Judith, disparue en elle-même. Elle reste longtemps prostrée devant la porte ouverte du garde-robe, elle pense à toutes les fois où elle a imaginé la mort de Mom, toutes les fois où elle a fantasmé sa disparition.» Et voici que le fantasme devient réalité.

Cousins, cousines

Tandis que Lucie passe le chalet au peigne fin, ce sont les souvenirs d’enfance qui s’imposent en flash-back. Les étés au bord du lac ou sur la côte est américaine, l’éveil des sens, les colères impétueuses de la mère, ses disparitions, le départ de la grande soeur, la mort du frère, la folie de la mère.

Peu à peu, le dévoilement s’opère. Des secrets familiaux qu’on ne dévoilera pas ici. Des histoires de drogue, d’amours entre cousin et cousine, de passions refoulées qui ont mené plus ou moins, on le comprend, à la mort du frère.

Une disparition dont les causes nous demeureront mystérieuses — dépression, accident, fatigue profonde — mais qui agira comme une véritable libération pour Lucie et Judith. L’événement amorcera aussi un rapprochement entre les deux soeurs, qui ne s’étaient pratiquement pas vues depuis la mort de leur frère.

En raison notamment de ses thèmes et de sa narration, le roman apparaît plus achevé et maîtrisé que La Ville aux escargots (Québec Amérique, 2005), le premier titre de Laurence Prud’homme. Plutôt bien servi par une écriture sensible et visuelle — presque cinématographique –, La Danse de la Méduse bénéficie également de dialogues vivants et rythmés. Prometteuse, disions-nous déjà d’elle, malgré un côté brouillon, Laurence Prud’homme s’affirme tranquillement comme une auteure à surveiller.

Collaborateur du Devoir

***

LA DANSE DE LA MÉDUSE Laurence Prud’homme Québec Amérique

Montréal, 2008,196 pages







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Une réponse à “Critique”

5 05 2008
peccadilles (10:14:05) :

On a parlé de toi à la radio aussi, c’est ma voisine qui me l’a dit !

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