La semaine dernière, sur son blogue du www.voir.ca , Nicolas Dickner s’interrogeait sur la date de péremption des mots. Quand peut-on savoir qu’un mot est « passé date »?

Évidemment, un mot, ce n’est pas un pot de yoghourt! Les mots vont et viennent, suivant les modes, tombent en désuétude, passent d’une classe sociale à une autre. Leur sens change. Un mot sacré devient un sacre, un mot innocent se charge d’ironie.

Quand on met le nez dans un dictionnaire, on se rend compte que la plupart des mots qu’on utilise ne veulent pas dire ce que l’on pense. Que la plupart des mots qu’on croyait français, viennent de l’anglais, de l’arabe ou de l’allemand… il y a un tel décalage entre ce bon vieux Petit Robert et ce qu’on croit dire, ça donne la frousse! Vous allez me dire: « hey, tu capotes, il ne faut pas devenir fou avec ça! » Je vous répondrai par une question qui me taraude: Un vocabulaire pauvre mène-t-il à une pensée pauvre? 

Et puis, quand on sait que dès qu’un dictionnaire sort en librairie, il est déjà périmé… il y a de quoi faire des boutons! La tâche des « faiseux de dictionnaires » est d’ailleurs encyclopédique, un vrai travail de moine, 100 fois sur le métier remettez votre ouvrage…

Notre langage n’est donc jamais vraiment à date (puisque les instruments qu’on utilise pour le « saisir » sont périmés), ni jamais vraiment exact (puisqu’on parle « tout croche » sans s’en rendre compte). De là le grand débat des linguistes: d’un côté, on retrouve les chiens de garde de la grammaire, de la syntaxe et des tournures d’antan, de l’autre, les gourous de la modernité, qui surfent sur la vague, suivant le mouvement évolutif du langage. Dur, dur de prendre position…