Lorsque j’ai connu Monsieur G., j’ai été confrontée à une réalité très troublante.  En effet, Monsieur G. parle espagnol. Il s’agit de sa langue maternelle. Toutefois, il est né et a vécu son enfance et son adolescence à Majorque, dans les Îles Baléares, où l’on parle le mallorquín, dialecte proche parent du catalan.

Qui est-il? Comment peut-il se définir? Il est né dans les Îles mais ne parle pas le langage des Îles. Il parle le langage de la péninsule mais n’est pas né dans la péninsule. Résultat: il ne se sent ni d’ici, ni d’ailleurs.

Qu’en est-il des anglophones de Montréal, par exemple? Ils sont nés, ont vécu, travaillé, aimé au Québec mais ne parlent pas la langue de la majorité. Ils parlent la langue du Canada mais ne sont pas nés en Ontario ou en Colombie-Britannique. Qui sont-ils, alors?

Comment un individu confronté à une telle réalité se définit-il? Par le territoire? Par la langue? Par autre chose? À qui ou à quoi appartient-il?