Je lisais hier le billet de Laure Waridel sur le beurre de karité équitable. Des femmes du Burkina Faso ont monté leur petite coopérative et elles arrivent à obtenir des prix beaucoup plus dignes que ce que les vils marchands, qui raflaient régulièrement leurs précieuses récoltes, leur offraient auparavant. Bravo!

Ça fait du bien d’entendre ça, des solutions!!

Ça change des discours apocalyptiques (bien fondés, malheureusement, pour la plupart) qui n’offrent que grisaille et brouillard… Voilà un bel exemple de partage, d’entraide, de justice! Il en faut, des projets comme ça, des milliers, des millions, pour renverser la vapeur et provoquer une contre-réaction en chaîne assez puissante pour vaincre l’injustice sociale, pour que notre planète retrouve les forces nécessaires pour se guérir de son méchant rhume.

Déjà, j’entends Monsieur G. grincer: « Si l’Afrique se met à cultiver les graines de karité en masse, pour satisfaire aux besoins de l’Occident à la peau ridée, ça ne les aidera pas, à long terme, puisqu’ils auront tout misé là-dessus et qu’ils n’auront pas appris à diversifier les cultures pour arriver à être autosuffisants. Qu’est-ce qu’ils feront quand les vieilles peaux occidentales s’enticheront du nouvel onguent à base d’extraits de testicules de zèbres? Ils feront pousser des zèbres? Et en plus, ces pauvres femmes risquent de se faire ramasser par les milices armées des bandes de mafieux pas trop contents de l’augmentation du prix du karité dont ils avaient le monopole auparavant… »

Ah là, là!

C’est vrai que c’est décourageant de voir à quel point le capitalisme gruge nos vies et celles de populations entières, de se rendre compte que nous avons étés élevés dans son giron, que nous agissons, aimons, partageons et courrons au bonheur de par, et pour, ce système vicié, faisant tourner la petite roue de plastique qui actionne les verrous de notre cage dorée et obligeant à entrer dans notre course folle tous les pays au sud de l’équateur…

À ce sujet, je vous invite d’ailleurs à voir (ou revoir) le documentaire « The story of stuff », très éclairant!

J’en conviens, on ne sait parfois plus quoi faire pour aider, on a l’impression que notre petit grain de sable n’y changera rien, qu’il se perdra dans les dunes du désert qui avance…

Ou encore, on ne se sent pas trop concerné… ben quoi? Je vais recycler un peu, ici et là, les autres s’occuperont du reste. Ça me donnera juste ce qu’il faut de bonne conscience pour continuer mon petit train-train. De toutes façons, c’est loin, tout ça.

Loin? Il paraît que la fonte des glaces de la calotte polaire risque très bientôt d’affecter le cycle du gulf stream, ce qui aurait pour effet de congeler l’Europe, qui devra sortir ses pelles et ses manteaux de poils, parce qu’ils auront les mêmes températures hivernales que la ville de Québec, qui d’ailleurs, pourrait voir les eaux salées de l’Atlantique s’immiscer sous ses jupes, provocant par le fait même le recul de plusieurs espèces marines, ce qui aurait pour effet de…. ouf!

Respirons. Avant que cette planète ne se couvre de boue radioactive et devienne le royaume des insectes mutants, j’ose espérer qu’on peut encore faire quelque chose. Il faut y aller un projet à la fois, agir à un maillon de la chaîne, humblement, en sachant que d’autres agissent ailleurs aussi.

Retroussons-nous les manches et allez! Chacun son petit maillon! Go!

http://www.storyofstuff.com/

www.equiterre.org

www.auxarbrescitoyens.com