Fuir la pluie

9 06 2008

Il pleut depuis trois semaines à Barcelone! Je me vois donc OBLIGÉE de courir après le soleil… alorrrs, je m’en vais me faire bronzer la couenne dans le Sud!!!! Yééééé!!!! Ah! Chers romans qui m’attendez patiemment dans la bibliothèque depuis des mois… je vous emmène!!! Ne craignez rien, le sable et la mer, ça donne du caractère aux livres! ;-)

On se revoit en juillet!



Ces filles qui font de la BD

4 06 2008

Les 24 heures de la BD ont piqué ma curiosité et j’ai eu envie d’en savoir plus sur ces filles passionnées du 9e art.

Il y a Zviane, étudiante, “ex-pianiste”, qui nous entraîne avec elle dans les aléas de la vie d’une jeune bédéiste qui tente de faire son chemin dans le monde des arts. Des textes qui font honneur à notre intelligence (elle partage d’ailleurs ses réflexions sur la théorie de la musique avec les lecteurs initiés), un humour un tantinet acide, des dessins simples et remplis de fraîcheur! www.zviane.com/prout/

Il y a aussi Iris, une jeune bédéiste de Hull qui a publié “Dans mes rellignes” il y a 2 ans aux éditions Mécanique générale. C’est mignon comme tout, des dessins naïfs et un regard amusant sur la vie quotidienne. Iris m’a immédiatement fait penser au film “Juno” et à sa protagoniste: positive mais sarcastique, un pied dans l’enfance et son innocence, l’autre dans la lucidité de l’âge adulte. Une belle découverte! Si vous ne pouvez pas vous procurer son album, vous pouvez aller fouiner sur son blogue, où on retrouve la majorité de ses aventures: www.monsieurleblog.canalblog.com

Catherine Genest, elle, fait dans un autre genre, avec son personnage de Nenette, une fille silencieuse aux grands yeux noirs qui fait penser à la petite Mercredi de la Famille Addams (qui, ne l’oublions pas, avant d’être un film, fût une BD publiée sous forme de vignettes, très populaire auprès des lecteurs du magazine The New Yorker). Une Mercredi québécoise, donc, perdue dans la société de consommation, dans la grisaille de la ville, dans la foule morose qui va travailler le matin en métro. Elle “Cherche un sens” à sa vie, observe énormément. Les dessins sont magnifiques, délavés. Chaque page laisse le lecteur rêveur, le ton étant beaucoup plus mélancolique et sombre que dans les cas d’Iris et de Zviane. Catherine Genest est également publiée chez Mécanique générale, dont le travail éditorial est à saluer, soit dit en passant. www.nenette.org

Je pourrais vous parler de plein d’autres auteurs de BD géniaux… mais là, j’m'en vais jouer dehors!!

En attendant, je vous invite à partager vos auteur(e)s fétiches sur les commentaires. Plus on en parle, plus ils peuvent s’acheter de pots de beurre de pinottes et continuer à “plancher”.

;-)

 



Faut qu’j'arrête…

3 06 2008

C’est duuuuuuur!!! Il faut que je travaille!!!! Je suis perdue dans les blogues qui me renvoient à d’autres blogues qui me suggèrent d’autres blogues qui m’invitent à découvrir d’autre blooooooooogues! OK, j’arrête tout de suite, TOUT DE SUITE!!! JE FERME INTERNET À TOUT JAMAIS ET JE VAIS JOUER DEHORS!!!! Mais avant, juste une dernière petite blogoliste, dans la série des “biens gras”… ;-)

www.monpetitnombril.wordpress.com

www.papamefourre.blogspot.com

http://leiftande.blogspot.com/

http://leblogdecrococaca.blogspot.com/search/label/croco%20caca



Les raisins de la colère

1 06 2008

Ce billet pourrait aussi bien s’intituler “Le maïs de la colère” ou le riz, ou le blé… (On a qu’à penser aux manifestations récentes en Haïti et ailleurs dans le monde contre la hausse scandaleuse du prix des denrées alimentaires de base.)  

L’oeuvre intemporelle de Steinbeck, magistralement portée à l’écran par John Ford en 1940, est en effet d’une actualité déconcertante.

Nous sommes aux États-Unis, au début des années 1930. De nombreuses familles de fermiers de l’Oklahoma sont contraintes à l’exil, leurs terres desséchées par les tempêtes de vent ou reprises par des grandes compagnies sans scrupule qui introduisent le tracteur, machine pouvant réaliser le travail de 10 hommes de façon plus rapide et plus efficace. À qui la faute? Le progrès, la compagnie, son président, la banque? Un responsable fuyant comme la terre qui s’effrite entre les doigts, une menace fantôme qu’on n’arrive jamais à bien identifier… “Qui dois-je descendre, alors?” demande le père de famille.  “Je ne sais pas, monsieur” de lui répondre le huissier.

La famille Joad, ainsi chassée de la ferme où elle a vécu depuis des générations, prend la route dans un camion brinquebalant, chargé à outrance, et se dirige vers la Californie, terre promise où la rumeur veut que le travail et la nourriture ne manquent pas.

Les personnages déchanteront rapidement et se verront attrapés dans l’engrenage de l’exploitation, du cheap labour pratiqué par les riches propriétaires épaulés par les forces de l’ordre offrant leurs services “au plus offrant”. Ils seront forcés d’errer de camps de travailleurs en campements de fortune, véritables bidonvilles où les enfants meurent de faim. Seul le campement du “Ministère de l’agriculture”, rare oasis de fraîcheur dans ce désert de pauvreté, semble un endroit décent, où les habitants vivent dignement, participant activement à son organisation, formulant leurs règlements et jouissant de la protection de leur propre milice (la police doit d’ailleurs avoir un mandat pour pouvoir pénétrer dans le camp). Un gouvernement qui, bien qu’il semble vouloir protéger la veuve et l’orphelin, paraît bien impuissant à changer les pratiques inhumaines des grandes entreprises.

Il s’agit d’une critique du capitalisme sauvage et de la chasse aux communistes. Pourtant, le ton n’est jamais moralisateur, il n’y a pas de grands discours, tout au plus quelques monologues mais la réflexion demeure subtile. Les images sont saisissantes de réalisme et le jeu des acteurs est sobre, loin des grandes envolées lyriques caractéristiques du cinéma hollywoodien de l’époque, laissant toute la place au récit, ce qui permet au spectateur de se glisser dans la peau des protagonistes, de vivre pleinement “l’exploitation de l’homme par l’homme”. Terriblement efficace.

Mais tout n’est pas que noirceur dans ce film. L’humour et l’espoir font partie du quotidien de la famille Joad et l’aîné a dans l’oeil une lueur qui le poussera à reprendre la route en quête de justice sociale, pour découvrir “ce qui ne tourne pas rond” dans ce système.

À voir ou à lire.

Steinbeck, John. Les raisins de la colère, Éditions Gallimard.

Adapté au cinéma par John Ford, avec Henry Fonda et Jane Darwell.