Boussa

25 08 2008

Boussa en tunisien, bec en québécois, kuss en allemand… la logistique des baisers est parfois bien embêtante, lorsqu’on voyage. L’aventurier n’a pas besoin d’aller bien loin pour se retrouver dans une situation embarrassante: déjà chez nous, c’est délicat… On fait la bise? On serre la pince? On préfère l’accolade? Ça dépend des familles, des situations!!

Si vous traversez l’Atlantique, alors là, ça devient carrément problématique! Les Français donnent 1,  2 ou 3 bisoux, selon la région!! En Espagne, la bise commence du côté gauche. Dans notre Belle province, c’est plutôt à droite que ça se passe… pauvre de moi!! Vous comprendrez maintenant ma maladresse… j’ai failli embrasser tellement de monde SUR LA BOUCHE! Quelle gêne!!!

Pour la Tunisie, c’est 2 bisoux pour les parents et amis qu’on voit tous les jours et 4 pour la « belle visite » qu’on n’a pas vue depuis longtemps. Le problème, dans ce cas, c’est de savoir ce que signifie « longtemps »… je ne compte plus les fois où l’on m’a abandonnée la joue en l’air…

Par contre, ce que j’aime bien en Europe et au Maghreb, c’est que les mecs s’embrassent et se font des accolades sans panique homophobe. En famille et entre copains, ils n’ont pas cette pudeur qui  nous caractérise. La distance corporelle n’est pas la même entre individus du même sexe. La barrière invisible entre « mon espace » et « ton espace » est quasiment abolie… malaise en vue pour le voyageur québécois!

Je me souviens d’une épopée à la toilette lors de ma première année en Espagne. Nous étions dans une discothèque et une copine m’a accompagnée au petit coin. « Accompagnée » est un grand mot: elle est carrément entrée dans la cabine avec moi, pour pouvoir continuer à me raconter une histoire passionnante. J’avais les genoux dans sa jupe… j’ai dû déployer de grands efforts de concentration zen pour pouvoir faire pipi, vous pouvez me croire!!!  

Enfin… à chacun de découvrir son « juste milieu » et de poser ses limites, tout en gardant l’esprit curieux!

Sur ce, bises, bécos, boussa, bisouxx, en pincettes ou autres!  😉



Vol JK5022

22 08 2008

153.

Trois petits caractères qui sentent la peau noircie et la chaire. Trois chiffres qui puent la mort et l’avidité des microphones qu’on presse sous le nez morveux de ceux qui sont restés.

153.

La peur imaginée, les pupilles dilatées devant l’horreur. L’estomac qui se vide au milieu des turbulences acides, fascination catodique morbide, le frisson au salon.

153.

Adieu tôle tordue et rentabilité!

Adieu voyages à rabais et crèmes solaires!

Pétrole visqueux et mer amère!

Vierge couronnée de roses plastifiées!



Poudre aux yeux

9 08 2008

Le peuple chinois a donné naissance à de grandes choses. Précurseur dans plusieurs domaines, il a, entre autres, inventé la poudre à canon, dont on rapporte l’apparition en Chine au VIe siècle.

Hier, il a offert au monde un spectacle pyrotechnique à couper le souffle, un ballet de feu et de couleurs qui a ému des millions de (télé)spectateurs. 

Et cependant qu’explosaient toutes ces flammes rouges, vertes et bleues dans le ciel noir, cependant que cette grandiose démonstration de beauté souffletait les visages ouverts, je me disais qu’il était bien triste et bien honteux que cette poudre magique ne serve pas seulement à alimenter de merveilleux feux d’artifices…



El libro rosa

1 08 2008

Las cubiertas de color rosa chicle no me suelen atraer mucho pero es verano, hace calor, y la tumbona calentita que yace junto a la piscina parecía ir a juego con este libro titulado « Citas en Manhattan ». La cinta publicitaria ponía « La novela más divertida sobre cómo encontrar pareja ». Bueno, hay que aclarar que no soy soltera, ni tampoco lo es mi suegra, que me dejó el libro, pero me pareció divertido deslizarme en la piel (o en las Manolos) de una de esas « chicas sexy de Nueva York ».

Sin embargo, lo que me esperaba no era otra Sarah Jessica Parker, sino más bien una periodista catalana que vive en la Gran Manzana y que se ve forzada a abandonar momentáneamente sus crónicas serias sobre política internacional para escribir una columna diaria en las páginas rosas de verano del periódico que la emplea.

Emma Reverter nos ofrece una novela pseudo-autobiográfica irónica y bien documentada sobre el mercado (muy lucrativo) del amor en Nueva York, puntuada de reflexiones interesantes sobre la soledad, el matrimonio y la evolución de los valores familiares en Occidente. Hoy en día, se sorprenderá el lector, hay tantos tipos de citas (a ciegas, de millonarios, de 8 minutos cronometrados, en silencio) como de web especializadas en la búsqueda de la media naranja (citas para pelirojos, para gordos, para amantes de los animales, para apasionados del hip-hop, para solteros que les gusta la pesca, para cuerpos musculosos, para reyes de los bolos…)

Si a esto añadimos unas anécdotas tragicómicas, unas estadísticas sorprendentes, unos comentarios inteligentes y un punto de acidez, obtenemos un sabroso cóctel de verano. A disfrutar junto a la piscina, con enormes gafas de sol.

Citas en Manhattan, Emma Reverter, Ediciones Planeta Fábula.



L’Homme dans la mire

30 07 2008

Guibert vient de publier le 3e tome de La Guerre d’Alan, cette trilogie qui raconte en BD l’expérience d’un soldat de la Deuxième Guerre mondiale. A prime abord, le sujet peut paraître aride, mais le traitement qu’en fait l’auteur ne l’est pas du tout, la guerre n’étant qu’un prétexte pour explorer le terrain (parfois miné) des relations humaines.

J’ai découvert Guibert dans un party, chez une copine. Je fouinais distraitement dans sa bibliothèque lorsque je suis tombée sur la série de BD Le Photographe, qui dresse un portrait sensible de la guerre et de la vie en Afghanistan. J’ai immédiatement lâché ma bière et tout semblant de politesse et je me suis plongée dans la lecture de ces petits bijoux qui allient photojournalisme et dessin.

Une image vaut mille mots, dit-on. Je dirais qu’une vignette de BD vaut mille conversations éloquentes sur la politique internationale dans un party…



Navigation

17 07 2008

C’est l’été… vous me pardonnerez mes incartades hors du cyber-univers (ou ma paresse, tout simplement)… 

Cette fin-de-semaine, je ne vais pas naviguer sur les flots virtuels soulevés par des millions de bytes luminescents, je m’en vais me plonger dans la vraie vie, les embruns qui embuent les lunettes, les voiles claquant au vent, les méduses gracieuses et gélatineuses… la mer! La mer m’attend! Je suis heureuse!

🙂



Tataouiner

14 07 2008

Les mots les plus improbables prennent leur source dans les endroits les plus improbables. Voici un petit extrait d’entrevue avec Dany Laferrière, qui raconte:

J’arrive à Montréal en plein été 76, l’été de la note parfaite accordée à la petite gymnaste roumaine Nadia Comaneci aux Jeux Olympiques de Montréal. Je venais de quitter en catastrophe mon pays, tout excité à l’idée de commencer une vie nouvelle dans une nouvelle ville.
– Vous passez combien de temps au Québec?, me lance à brûle-pourpoint l’officier d’immigration.
– Je ne sais pas encore, ça va dépendre…
Je trouve assez mal poli de répondre directement à une question. Cela ferme toute conversation.
– Votre passeport.
Je tendis mon passeport avec une pointe d’angoisse.
– Vous avez un visa de touriste… Pas de tataouinage alors, vous ne pouvez rester que le temps inscrit sur votre visa…

Un mois plus tard. Dans un bar.
– Une bière.
– Blonde ou rousse?
Un moment d’hésitation.
– Faut pas tataouiner comme ça avec moi, me jette le barman avant de filer vers la table du fond.

La pleine lune
Cette jeune fille avec de hautes pommettes de princesse mongole que je vis assise sur un banc du petit parc Querbes, dans le quartier chic de la ville. On s’est regardés longuement, puis, sans un mot, elle se leva et partit. Mon destin s’est joué cette nuit-là en 45 secondes et 3/10.
– Si je n’avais pas tant tataouiné…
Je ne la revis que des années plus tard, un soir de pleine lune. Et là, je peux vous dire que je l’ai embrassée sous la première porte cochère, sans autre forme de procès.

On croit souvent à tort qu’un mot qui s’utilise seulement dans sa région est forcément né tout près de chez soi. Eh bien, quelle n’a pas été ma surprise de retrouver le mot « tataouiner » enfoui dans les sables du Sahara!!!!

En effet, « tataouiner » a longtemps attendu son heure, à-demi caché dans les dunes encerclant la ville de Tataouine, dans le Grand Sud tunisien (où on été filmées les fameuses scènes de Star Wars se déroulant sur la planète Tatooine…) Les Français auraient inventé ce verbe qui fait référence à un trait de caractère commun aux habitants de Tataouine, peu enclins à prendre des décisions précipitées.

Lorsque les colonisateurs furent boutés hors du pays, le mot s’accrocha à leurs bottes… et atterrit en terres québécoises où il trouva refuge. Il prit ses aises dans les étendues glacées, alors qu’il agonisait ailleurs.

Quel extraordinaire voyage!  



Rafa

6 07 2008

Vers 16h ou 17h, juste avant le souper, suspendue la tête en bas, les pieds insérés dans les anneaux qui pendaient à côté des balançoires situées en face du terrain de tennis, j’encourageais ma mère qui affrontait ma tante ou mon grand-père, avec force cris et applaudissements.

C’était l’été, au chalet.

Let’s go, m’man! Lâche-pas, m’man! Regarde, m’man, j’ai la tête en bas! Mon petit Wimbledon d’enfant. Je me souviens des fraises sauvages qui tapissaient le sol près de la porte grillagée où étaient accrochés les règlements d’utilisation du terrain, je me souviens du plaisir de grimper sur la chaise de l’arbitre et de dominer le jeu comme une reine, en faisant attention de ne pas marcher sur le nid d’abeilles caché aux pieds de la structure de bois. 

***

Je l’ai aperçu, un jour, déambulant seul dans l’aéroport de Palma, un grand Jack, les bras ballants, les bras trop longs, la démarche typique de l’adolescent qui revient à la maison, son sac de sport jeté négligemment sur l’épaule. Rafa Nadal. 

Et ce grand Jack-là, venu d’une petite ville de Mallorca, vient de nous offrir la plus belle finale de Wimbledon de tous les temps. Le goût des fraises, la pluie d’été, les paumes rouges et les grands élans. Mon petit Wimbledon d’enfant.  

¡Qué grande eres, Rafa!  ¡Olé!






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